La revue de presse du Château




Téléchargez l'article
au format PDF

Quand la noblesse affranchit l’armagnac

Plaisirs du Gers - n°4 - 04 July 2008

Floriane de Ferron, vive et gaie, en tous points charmante et distinguée, possède la force d’âme de la fille du dernier des Maniban, mademoiselle de Livry, qui apportait en 1761 l’armagnac à la cour de Versailles.
Au cœur de la Ténarèze, au château de Busca Maniban, « on brûle » depuis 1649. En 1803, mademoiselle de Livry vend la propriété de 200 hectares à l’ancêtre de Floriane de Ferron. Dorénavant, la propriété produit de la vigne, mais on y cultive aussi des céréales. Une dualité animée par le parcours personnel de Floriane, avocate et assistante de Paco Rabane, deux fonctions qui lui octroient le talent d’associer la fantaisie à la rigueur.

Une femme née coiffée
Agriculture, commerce et tourisme, une triple casquette que Floriane assume au fil des années. Sept mois par an, elle ouvre le château du XVIIe siècle aux visiteurs. Des portraits, des objets personnels, du mobilier de famille illustrent la vitalité de cette maison modernisée par les bronzes d’Émile Stanzani. Le maître de chai, l’œnologue et la maîtresse des lieux s’inscrivent tous dans la longévité et insufflent la force d’âme qui anime la production de la maison. « Je suis derrière le produit, je fais ce qui doit être fait mais je ne suis que de passage. Le futur enfantera ce qu’il reste à faire. L’armagnac, en délicatesse avec l’actualité, ne s’inscrit pas dans le modernisme. Il ressemble à nos maisons, éminemment mortelles dans un devoir d’éternité. Car tout peut s’arrêter demain », conjecture la descendante de mademoiselle de Livry.

Un parfum de liberté
Au carrefour de trois civilisations, les Romains pour la vigne, les Maures pour l’alambic et les Celtes pour la futaille, l’armagnac illustre la diversité et la liberté gasconnes.
« J’ai la chance d’avoir deux chais », explique Floriane. « Un humide pour calmer les ardeurs alcooleuses, un sec où les arômes s’épanouissent entre la terre et les murs séculaires. Mes ténarèzes vieillissent tranquillement entre les toiles d’araignées et les champignons dans leurs fûts de chêne d’essence locale confectionnés par le tonnelier Gilles Bartholomo ».
Leur côté rebelle affiche chaque année un accent prononcé de pruneau. Rondes, élégantes et puissantes, elles servent une gamme aromatique aux touches de vanille avec des notes mentholées et offrent des millésimes de 1946 à 1993, nonobstant quelques absences au cours des années 60.
Cette fantaisie des aromes qui confirme la typicité de l’armagnac du Busca, son parfum de liberté, la maîtresse de maison la souligne par ces mots : « L’armagnac du Busca ne se domestique pas, on lui laisse prendre vie. »

<<< Retour à la liste <<<

 

Contact | Mentions légales | Nos partenaires | Plan du site